Congrès International Francophone de Pédagogie en Sciences de la Santé

Président d'honneur

Jean SIBILIA,
doyen de la faculté de médecine de Strasbourg,
président de la conférence des doyens de médecine.

 

Le congrès de la SIFEM est un événement incontournable pour nos facultés, nos équipes pédagogiques et nos étudiants. Cet événement est l’occasion de réaffirmer notre volonté de faire de la formation médicale une priorité pour mieux préparer nos jeunes aux immenses enjeux de demain.

Pour que nous réussissions ensemble la transformation souhaitée de la formation médicale, il faut que nous partagions quelques fondamentaux déterminants :

  • Cette formation ne devra pas être exclusivement médicale, mais elle devra concerner tous les soignants avec une vision nouvelle « centrée » sur le patient et, demain, la prise en compte du sujet « sain » dans une stratégie préventive, prédictive et personnalisée.
  • Cette formation doit inclure comme fil rouge des notions majeures comme celle de la pertinence des soins et des actes, et celle de l’éthique et de la déontologie de nos pratiques qui se dématérialisent progressivement.
  • Cette formation doit intégrer une réflexion pédagogique innovante qui a pour objectif une compréhension des connaissances nouvelles, mais aussi le développement de compétences, de « savoir-faire » et « savoir-être » des soignants, avec des objectifs de terrain très pratiques.
  • Cette formation doit prendre en compte et anticiper l’évolution de la médecine et de ses outils numériques pour préparer les jeunes à une médecine connectée et une coopération avec une Intelligence artificielle qui viendra en complément de l’Intelligence naturelle des soignants. C’est un enjeu majeur qu’il faut préparer par de nouveaux cursus de formation. 
  • Cette formation doit transmettre une prise de conscience des grands enjeux que sont le handicap, la précarité, la lutte contre l’intolérance et, surtout, les risques environnementaux.
  • Cette formation doit aussi intégrer la notion de bien-être au travail, avec des moments d’ouverture et des échanges internationaux plus nombreux. Il faut dynamiser et faire « respirer » les études de santé, ce qui ne pourra que renforcer la fibre humaniste de nos étudiants.
  • Cette formation doit in fine faire prendre conscience, avec une forme de hauteur de vue, de ce qu’est la santé des hommes. À l’image de la pensée de Georges Canguilhem, nous devons réfléchir à ce qu’est une maladie, sans oublier que cela dépend fondamentalement de la société et du système dans lequel nous vivons. Cependant, quels que soient la culture, le niveau socio-économique ou l’enjeu éthique, l’OMS avait déjà, en 1946, défini la santé comme un état de bien-être physique, psychique et social, ce qui est et reste une définition universelle.

Ainsi, notre responsabilité sociale est engagée pour faire de la formation en santé une priorité qui réponde aux besoins des hommes et de nos sociétés, car les trois piliers de la cohésion sociale et du bien-être sont la santé, l’éducation et la justice. Ces fondamentaux exigent de la solidarité, de la générosité et du respect mutuel, ce qui est aussi, dans toutes les cultures, le socle du sens de la vie.

Le congrès de la SIFEM va être un lieu d’échanges, véritable agora de la pédagogie. Nous vous attendons nombreux pour des conférences - comme celle sur les grands mythes de la pédagogie - des tables rondes, des ateliers et des présentations scientifiques de projets de recherche. Nous échangerons dans le grand monde de la francophonie, avec convivialité et conviction, pour construire une pédagogie des sciences de la santé innovante et ambitieuse.

Merci à tous ceux qui seront à nos côtés et merci à tous ceux qui donnent avec tant de générosité leur énergie pour faire avancer les choses. Cultivons ensemble ce formidable état d’esprit qui va si bien à la pédagogie des sciences de la santé.

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